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Le jargon (3e partie)

Transcription d’un balado sur le jargon technologique

Animateurs :   PB Phil Brown      DW David Whelan

PB : Bonjour, ici Phil Brown en compagnie de David Whelan et aujourd’hui nous allons couvrir la 3e partie de nos balados sur le jargon technologique pour 2015.

DW : Oui, au cas où vous les auriez ratés, écoutez les 2 balados précédents sur le jargon. Aujourd’hui nous allons commencer par la lettre M. Qu’est-ce que tu as pour M ?

PB : M c’est pour mégaoctet. On parle tous de mégaoctets, mais je crois que peu de gens comprennent ce que représente cette unité. Elle équivaut à un peu plus d’un million d’octets, sachant qu’un octet est la plus petite unité existante, en termes de mémoire et de stockage de données. Pour donner une idée approximative, un octet correspond à peu près à un caractère, si on parle de texte. Donc pour savoir combien de mémoire cela représente, on peut tabler plus ou moins sur un ratio de un pour un, évidemment selon les espaces dans le texte et autres considérations. Donc à combien de pages correspond un mégaoctet ? Grosso modo, en fonction de la police, des caractères employés et éventuellement des images utilisées, un mégaoctet peut contenir entre 250 et 500 pages d’information. Qu’est-ce que tu as pour N, David ?

DW : J’ai la lettre N ! Quand on achetait un routeur sans fil ou qu’on en utilisait un, il s’agissait souvent de routeurs de type « b » qui étaient la norme à l’époque, donc on avait le Wi-Fi 802.11b, et c’est comme ça que ça a commencé. Ces routeurs n’étaient pas très rapides, puis la vitesse a progressivement augmenté pour aboutir au 802.11a, une nomenclature qui semble un peu aller à l’encontre de la logique. Quelques années plus tard, on est passé au 802.11n, qui est devenu la nouvelle vitesse à avoir pour du matériel informatique. Aujourd’hui on a dépassé N. Je pensais que la lettre N voulait dire quelque chose, comme « Nouveau », mais elle n’avait aucun sens particulier. Les routeurs N étaient quand même nettement plus rapides que les routeurs A ou B. On se dirige à présent vers AC, il faut avoir du matériel informatique sans fil compatible avec le protocole émergent AC, cela rend possible des vitesses de plusieurs centaines de Mo/seconde, c’est très utile lorsque c’est utilisé sur le réseau interne du bureau.

PB : Et je suppose que la plupart des routeurs et des modems sont compatibles avec les versions plus anciennes.

DW : Oui, je crois qu’il n’y a pas de problème de ce point de vue. Ce dont il faut se souvenir pour le matériel Wi-Fi, c’est que même si la vitesse indiquée est de 800 Mo/seconde, dès qu’on se connecte à Internet, qui a une vitesse de 1 Mo/seconde, la vitesse du routeur tombe aussi à 1 Mo/seconde. Donc, on perd 799 Mo/s. en vitesse. Un tel routeur demeure très utile pour l’usage interne au bureau, par exemple pour l’échange de données entre le serveur et un ordinateur interne, ou pour la lecture en flux de films stockés sur le serveur, mais il faut être bien conscient que cette capacité supérieure du routeur ne se traduit pas nécessairement par une plus grande vitesse de connexion à Internet.

PB : Un dernier point à signaler : si vous avez un appareil sur votre réseau ou à la maison ou sur votre réseau Wi-Fi qui est à la norme 802.11b, le fait d’avoir un routeur de type N ne signifie pas que les autres dispositifs atteindront la vitesse du routeur « N », tout simplement parce que la vitesse du réseau obéit à la règle du plus petit dénominateur commun.

DW : En effet. Donc si vous avez des appareils 802.11b ou 802.11a, il faudrait les mettre en position N si cette option existe, ou alors carrément acheter de nouveaux appareils qui permettraient des vitesses supérieures.

DW : OK, qu’est ce qu’on a pour la lettre O ?

PB : Pour O j’ai choisi « Open source », pour « logiciel ouvert ». Il s’agit de logiciel dont le code source est ouvert à tout le monde. Un des avantages principaux est que vous n’utilisez pas un logiciel propriétaire, donc vous n’êtes pas à la merci d’une de ces grandes entreprises, si je peux m’exprimer ainsi. L’autre avantage est que les logiciels ouverts font régulièrement l’objet d’améliorations participatives. Donc on peut soi-même apporter des améliorations, si on sait le faire, ou attendre que d’autres personnes le fassent. Il a des mises à jour régulières au logiciel, ce qui en théorie le rendent plus performant.

DW : J’ai entendu dire que d’un autre côté, la raison pour laquelle les cabinets d’avocats ne seraient pas très disposés à utiliser ce genre de logiciel est l’absence de soutien à la clientèle, et que donc pour obtenir du soutien en cas de problème, un cabinet serait obligé de s’en remettre au bon vouloir d’autres personnes dans la communauté.

PB : Il s’agit là d’un des désavantages majeurs du logiciel ouvert, l’absence de soutien technique. En cas de problème, il faut soi-même faire des recherches sur Google, aller sur les babillards, etc. pour essayer de trouver les solutions que d’autres auraient trouvées. Ou bien alors exposer son problème sur un de ces babillards sur Internet en espérant que quelqu’un le résolve, plutôt que de lire 30 pages de FAQ de Microsoft ou Apple ou autre, pour arriver à la fin à la fameuse question : « est-ce que cela vous a aidé à résoudre votre problème ? »

DW : La chose qui me semble intéressante par rapport au logiciel ouvert est combien on l’utilise sans s’en rendre compte. Par exemple le fureteur Mozilla Firefox repose sur du logiciel ouvert, et je crois que cette tendance va aller croissant. Sans aucun doute, maintenant que Microsoft fonctionne avec Android et d’autres environnements Linux, on va voir qu’une partie croissante de leur logiciel va devenir du logiciel ouvert. On va donc se rapprocher d’un point intéressant, où de grosses structures telles que Microsoft vont offrir du soutien technique pour du logiciel qu’on pourra utiliser gratuitement.

PB : Je pense qu’on va parler de plus en plus de logiciel ouvert, surtout maintenant que le public manifeste une réelle préoccupation par rapport aux grandes compagnies qui remettraient potentiellement les clés de cryptage à divers gouvernements.

DW : Oui. Des logiciels libres et gratuits, avec certaines responsabilités.

PB : Exactement. Et maintenant la lettre P. Qu’est-ce que tu as pour P ?

DW : Pour P, j’aime le mot « Proxy » (« serveur mandataire »), proxy est un bon mot que les avocats connaissent bien. En technologie, un serveur mandataire remplit la même fonction qu’un mandat, ou pouvoir, en termes de documents juridiques. Il agit à votre place. Un serveur mandataire peut être très utile, par exemple en permettant de router tout le trafic du réseau à travers le serveur mandataire, qui protège tous les systèmes derrière ce serveur, en filtrant de l’information qui pourrait être unique à ces fureteurs ou ordinateurs. Il permet de contrôler comment le trafic entre dans votre environnement ou en sort. C’est une sorte d’outil de sécurité qui permet de filtrer et de contrôler ce qu’on autorise, ou pas, à sortir vers le Web. Un des avantages d’un serveur mandataire est de pouvoir bloquer certains sites inappropriés. L’avantage de pouvoir filtrer le Web est évident, par exemple pour des parents. Mais encore plus que pour des raisons de contenu, un serveur mandataire permet de se protéger contre des maliciels ou des suites nuisibles, en empêchant quelqu’un qui se trouve sur le réseau du cabinet de cliquer sur un site externe et télécharger un maliciel ou autre chose de similaire. Un serveur mandataire permet de filtrer tout le contenu et de s’assurer que tout ce qui sort de votre réseau ou y rentre provient d’un endroit sûr.

PB : Et le serveur mandataire n’est pas nécessairement un serveur physique, il peut aussi s’agir d’une identité virtuelle.

DW : Oui. On peut acheter un ordinateur et y faire passer toutes ses connexions, ou acheter un appareil informatique qui agit comme serveur mandataire, ou bien encore avoir une identité virtuelle qui sert de filtre.

PB : D’accord.

DW : Très bien. Et pour S ? Ah pardon, Q. On oublie toujours Q.

PB : Pour Q c’est difficile. Le mieux que j’ai trouvé c’est « query » (requête, ou interrogation). Les requêtes sont les sortes de questions qu’on utilise pour interroger le logiciel pour savoir par exemple : quels ports de l’ordinateur sont ouverts ? Quelle est mon adresse IP ? etc.

DW : Oui et c’est vraiment fantastique, il s’agit d’un terme spécialisé que les avocats comprennent probablement. C’est tout simplement une question, on pose différentes questions, par exemple dans Excel on poserait des questions en langage Excel pour savoir qu’est-ce qui se trouve dans des cellules données, et comment les manipuler. Bien sûr, lorsqu’on fait une recherche sur Google, on fait aussi une requête. C’est intéressant de voir combien de langages de requête on utilise en permanence.

PB : Voilà pour la 3e partie de notre balado sur le jargon technologique. À très bientôt pour la 4e partie.

DW : À bientôt.

Explication des termes et concepts