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Le Barreau en guerre

Appui de l'effort de guerre

Portrait du trésorier George Shepley, Collection d'art du BDLODès que la guerre a éclaté en 1914, il était évident que le Barreau du Haut-Canada appuyait énergiquement l’effort de guerre. Le trésorier George Shepley a organisé une conférence spéciale le 2 septembre afin que le Conseil du Barreau « puisse décider, à l’avance de toute contrainte éventuelle provenant de l’interne ou de l’externe, le chemin à suivre. » Lors de cette conférence, les conseillers ont subventionné le Fonds patriotique canadien au montant de 10 000 $. Au cours de la guerre, le Conseil a promis plus de 25 000 $ à des œuvres de bienfaisance qui visaient à atténuer les souffrances des militaires et des civils. Le Fonds patriotique canadien était le bénéficiaire principal, ayant reçu plus de 20 000 $. Des sommes moins importantes ont été versées à la Caisse de secours des avocats belges, la Société de la Croix-Rouge du Royaume-Uni et la Ligue navale.

En plus des contributions financières à l’effort de guerre, le Barreau a permis qu’Osgoode Hall soit utilisé à des fins militaires. En février 1916, les conseillers ont donné permission au 134e Bataillon d’utiliser des salles de classe pour des cours magistraux. Les conseillers ont imposé de strictes conditions sur l’usage de l’immeuble, en se rappelant peut-être les histoires des dommages survenus quand il avait été occupé par des militaires à l’époque de la Rébellion de 1837. Les hommes devaient être escortés par un officier en tout temps. Le Bataillon devait nettoyer les locaux et payer pour l’éclairage qu’il utilisait.

Le Barreau a aussi joué un rôle important quant aux questions plus directement liées à la guerre. Les conseillers ont appuyé la formation des soldats par l’entremise de l’Association de tir d’Osgoode Hall, et ont adopté des mesures dont le but était d’encourager les étudiants en droit, les membres et le personnel du Barreau à s’enrôler.

L'Association de tir d'Osgoode Hall

Fondée vers la fin aout 1914, l’Association de tir d’Osgoode Hall était la première parmi plusieurs associations de ce genre constituées en vertu des règles de la Loi sur la milice Carte de membre de l'Association de tir d'Osgoode Hall de B. H. Ardagh, Archives du BDLOlorsque la guerre a éclaté. Ses membres fondateurs ont réagi à « une prise de position, à l’unanimité presque parfaite, qu’il fallait que nous [la profession juridique] fassions quelque chose de concret pour témoigner de notre bonne foi quant au besoin de faire face à toute situation qui pourrait survenir. »

Les objectifs de l’Association comprenaient « une participation utile à la préparation militaire » et la stimulation « d’un esprit de patriotisme au sein de la communauté, lequel assurera une réponse immédiate de la part d’une quantité suffisante de recrues de la meilleure qualité. » On y admettait les juges, les avocats, les étudiants en droit, les fonctionnaires et d’autres individus rattachés au monde juridique. Les membres payaient une cotisation de 1 $ pour les étudiants et de 4 $ pour les avocats. Le capitaine de l’Association était le major B. Holford Ardagh, futur secrétaire du Barreau.

Photo du manège militaire de Toronto, Archives de la ville de TorontoDe la fin 1914 à la fin 1915, l’Association, qui comptait environ 300 membres, a tenu 34 exercices pratiques et a effectué « une quantité considérable d’heures d’exercices de tir. » Ils ont utilisé trois carabines Ross et trois carabines de tir fournies par le Barreau, ainsi que des carabines Winchester prêtées par la Ville de Toronto. Les exercices de tir ont eu lieu au Long Branch Rifle Range dans l’ouest de la ville, au manège militaire derrière Osgoode Hall et à un petit champ de tir sur le terrain d’Osgoode Hall.

Dès janvier 1916, il y avait 350 membres inscrits au rôle de l’Association, mais ses activités diminuaient et les exercices pratiques ont été éliminés parce que plusieurs membres, y compris le capitaine, étaient en service militaire actif. Les munitions non utilisées ont été vendues. L’Association se trouvait endettée de plus de 200 $ pour l’année ; le Conseil du Barreau a voté pour couvrir cette somme pour le trésorier de l’Association, R.S. Cassels.

Liste des membres de l'Association de tir d'Osgoode Hall, Archives du BDLOPendant sa période la plus active en fin 1915 et début 1916, l’Association de tir d’Osgoode Hall n’a pas seulement formé ses membres pour le service militaire, mais les a encouragés à s’enrôler. L’Association visait particulièrement les étudiants en droit. En réponse à la suggestion de M. Ardagh de mettre en vigueur des règles forçant les étudiants à s’inscrire aux exercices pratiques ou de se joindre à un régiment de la ville, on a demandé au principal Newman Hoyles de faire un rapport « immédiatement quant aux engagements militaires de tous les étudiants inscrits à la faculté de droit » et d’identifier « ceux qui ne pourraient pas participer aux exercices pratiques pour des raisons d’incapacité physique. »

L'appui à l'enrôlement

Dès le départ, les conseillers ont encouragé les étudiants en droit et les avocats à s’engager. En février 1915, le Conseil a voté pour accorder aux étudiants une année sans examen s’ils s’engageaient au service militaire, étaient acceptés et se rendaient au front pour « revenir en situation honorable, s’étant comportés comme il revient aux membres du Barreau et aux soldats de faire. » Les étudiants de troisième année pouvaient être admis au barreau sans examen.

Photo d'Osgoode Hall, Toronto, Canada vers 1914, Archives du BDLOPlus tard en 1915, le Conseil a décidé de rembourser les cotisations de tous les avocats en service militaire actif. Même si cela ne constituait pas un attrait pour le recrutement, il témoignait de l’engagement des conseillers vis-à-vis l’effort de guerre. Les conseillers accordaient aussi des congés autorisés au personnel qui désirait s’engager dans le service outre-mer. Henry Haight, un bibliothécaire adjoint, a reçu une autorisation d’absence en 1915 pour une année, durant laquelle il a touché la moitié de son salaire normal. Il était toujours en congé en début 1917.

Quelquefois, les conseillers ont exprimé leur désir d’avoir recours à des méthodes plus fortes pour assurer que les étudiants en particulier fassent leur devoir pendant la guerre. Les conseillers s’attendaient à ce que les étudiants valides et plusieurs membres s’engagent et partagent leur appui ardent pour l’effort de guerre. On a parfois convoqué des personnes soupçonnées de ne pas appuyer la guerre selon les standards des conseillers à expliquer leur comportement.

En début 1916, un étudiant de première année s’est retrouvé devant le Comité disciplinaire, accusé d’avoir fait des déclarations constituant une trahison lors d’une entrevue avec un journal du Massachusetts. Le censeur en chef de la presse canadienne l’avait dénoncé au Barreau. L’étudiant a répondu qu’on l’avait cité à faux et « qu’il n’avait employé aucune expression indiquant une hostilité envers les Alliés, ni émis aucune réflexion sur le lien entre le Canada et la guerre. » Le Comité a ordonné à l’étudiant « de faire attention, à l’avenir, à toute déclaration dont il serait l’auteur. »

Vers la fin 1917 un autre membre a été investigué par le Comité parce qu’il avait, parait-il, réclamé une exemption au service militaire en raison de sa nationalité autrichienne. Le membre a nié cette allégation, expliquant qu’il avait demandé un nouvel examen médical à cause de sa vue, mais qu’il avait depuis retiré toute réclamation visant une exemption en raison d’incapacité physique.

Les efforts de recrutement parmi la profession et les étudiants en droit ont connu une réussite extraordinaire. En tout, environ 300 avocats et plus de 200 étudiants en droit ont servi dans la Première Guerre mondiale, un chiffre remarquable étant donné qu’en 1918 la province comptait 1 700 avocats.

La chaleur du foyer

Menu du souper de la remise des diplômes de 1917, Archives du BDLOPendant toute la guerre, les conseillers se préoccupaient non seulement de l’appui à l’effort de guerre, mais aussi du bon fonctionnement du Barreau et de ce qu’Osgoode Hall et les personnes qui s’y trouvaient bénéficient d’une protection suffisante.

En général, le travail du Conseil se déroulait normalement, et les conseillers ont continué à gérer les admissions et les questions disciplinaires et administratives. En juin 1917, les conseillers se sont mis d’accord pour éliminer les diners-conférences sauf à l’occasion de leur assemblée annuelle. Ce sacrifice symbolique de la part des conseillers aurait pu servir aussi à réduire les couts.

La guerre a eu des conséquences sérieuses pour les finances du Barreau. Dès octobre 1917, les conseillers ont rapporté un déficit de plus de 11 000 $ pendant l’exercice précédent et ils ont prédit un déficit de 14 000 $ pour l’exercice suivant. Cette situation était le résultat des importantes sommes versées par les conseillers aux œuvres de bienfaisance, mais elle était aussi due à la perte des revenus de cotisations, étant donné le grand nombre de membres et d’étudiants qui jouissaient d’une exemption. Les conseillers ont tenté de combler le manque à gagner en introduisant un tarif de 10 $ pour chaque examen pendant la durée de la guerre. Photo de la Grande Bibliothèque vers 1911, Archives du BDLO

Une grande partie du personnel s’était engagé pour le service outre-mer, et il a fallu les remplacer pour assurer le bon fonctionnement de l’établissement. Le moniteur de la faculté de droit, M. Foster, était parti dès septembre 1915, et l’examinateur principal G.F. McFarland et le bibliothécaire adjoint Henry Haight se sont tous les deux rendus outre-mer en janvier 1916.

Peu après que la guerre a éclaté, les conseillers ont commencé à prendre des mesures pour sécuriser Osgoode Hall. Des démarches ont été instaurées vers le début 1916. Les portes seraient fermées en dehors des heures ouvrables et le concierge de la faculté de droit, Thomas Jones, contrôlerait l’entrée principale de la faculté. Des gardes feraient patrouille 24 heures par jour ; le soir, le terrain serait éclairé et certains portillons de la clôture seraient fermés à clé.

Le Barreau devait aussi se soumettre aux règles gouvernementales du temps de guerre. La faculté de droit et la bibliothèque ont fermé pendant trois jours en début février 1918 suite à un ordre émis par le contrôleur des combustibles. La même année, les employés du Barreau ont payé des impôts sur le revenu en vertu de la nouvelle Loi de l’impôt de guerre sur le revenu.

Le suivi de la guerre

Tué au combat - Procès-verbal du conseil du Barreau, le 17 juin, 1915, Archives du BDLODurant la guerre, le Barreau a suivi les étudiants et avocats qui s’étaient enrôlés. Des listes répertoriaient ceux qui étaient en service militaire actif, ceux qui étaient morts en service et les décorations militaires qu’on leur avait décernées. Une liste datée du 1er décembre 1917 faisait état de 216 étudiants et de 252 avocats en service militaire actif, dont 31 et 26 respectivement, avaient été tués.

Les premiers membres du Barreau à perdre la vie dans l’exercice de leurs fonctions étaient le capitaine W. Leslie Lockhart Gordon, diplômé en 1914, et Henry Kelleher, un étudiant de deuxième année. Leur mort a été notée dans les procès-verbaux du Conseil en juin 1915. Leur disparition était accompagnée d’une citation latine tirée d’un poème patriotique anglais, qui se traduit ainsi : « Qui est mort dans un pays lointain, Plaque à la mémoire de Charles Alexander Moss, Archives du BDLOavant son temps : mais soldat, pour sa patrie. »

La mort de Charles Moss, âgé de 41 ans, a touché les conseillers profondément. Charles Moss était des leurs, le seul conseiller à perdre la vie alors qu’il était en service. Admiré par tous, le major Moss était « parmi les hommes les plus renommés à quitter Toronto pour se rendre au front, un phare dans la profession judiciaire, un homme reconnu pour ses qualités personnelles aussi bien que ses accomplissements intellectuels, et qui jouissait du privilège d’être aimé et respecté comme très peu d’hommes le sont. » Les conseillers ont ordonné qu’une plaque commémorative en laiton soit placée à Osgoode Hall. On la retrouve aujourd’hui dans l’aile des conseillers.

De temps en temps, des références poignantes aux morts de guerre apparaissent dans le registre du Conseil. En mai 1917 un poème, « La guerre : un sonnet » par le major J. Miles Photo du directeur de la faculté de droit Newman Hoyles, vers 1923, Archives du BDLOLangstaff, « jeune avocat de renom à Toronto » a été copié dans le registre des procès-verbaux. On avait trouvé le sonnet écrit à la main parmi les effets du major Langstaff après qu’il eut perdu la vie au combat. En mars 1921, la mère de l’avocat Cecil J. Bovaird, qui avait perdu la vie en mai 1917, a donné une photo encadrée de son fils à la faculté de droit, où elle est restée bien en vue pendant plusieurs années.

Les accomplissements militaires de certains membres ont fait l’objet d’une mention au Conseil. Newman Hoyles, directeur de la faculté de droit d’Osgoode Hall, appuyait l’effort de guerre avec beaucoup d’enthousiasme. En mai 1918, M. Hoyles a noté dans le Rapport du directeur : « Nous sommes fiers de noter non seulement la quantité de membres de la profession juridique… qui ont répondu à l’appel du Roi et de la Patrie et pris les armes avec empressement, laissant derrière eux les ‘tribunaux querelleurs et l’environnement poussiéreux de la justice’, mais aussi leurs accomplissements brillants dans ce service qu’ils ne connaissaient point. » Il poursuit que H. Brooke Bell, le fils cadet d’un ancien secrétaire du Barreau, avait reçu la Croix militaire et la médaille ‘al Valore Militare’ du gouvernement italien pour bravoure insigne.

Le personnel du Barreau et les conseillers ont mis beaucoup de temps à documenter le rôle des membres dans la guerre, une tâche qui a continué après la fin du conflit, alors que le projet du cénotaphe prenait forme.

La fin de la « guerre qui devait mettre fin à toutes les guerres »

Photo of de la Grande Salle vers 1914, Archives de BDLO

La situation financière du Barreau s’est améliorée rapidement quand la guerre prit fin, et en octobre 1920, l’état financier montrait un excédent de plus de 84 000 $ pour l’exercice précédent, surtout à cause des frais de scolarité.

Les étudiants de retour du front ont rempli la faculté de droit. Dans ses rapports au Conseil, Newman Hoyles, le directeur de la faculté de droit, avait souligné la nécessité de se préparer pour l’après-guerre. Il avait demandé au Barreau de considérer le problème de la réinsertion des anciens soldats à la profession juridique : « ceux qui reviennent après le service militaire actif ne pourront pas tous retourner à… la routine du travail ordinaire. D’autres professions élaborent déjà des plans pour accueillir et, là où il sera nécessaire, aider ceux qui reviendront avec des incapacités plus ou moins graves à cause de leurs blessures et de leurs maladies. » On aurait découragé le directeur de suivre cette voie. L’année suivante, il a noté qu’une disposition spéciale serait nécessaire pour les anciens soldats qui voulaient reprendre leurs études en droit « mais je crains qu’il ne soit trop tôt pour se pencher sur le problème. » Une fois les étudiants de retour, il fallut rapidement trouver des moyens pour les accommoder.

Photo de la Salle du conseil vers 1914, Archives de BDLO

Si la plupart des aménagements d’après-guerre discutés par les conseillers concernaient les dispositions pour les étudiants, ils se rapportaient parfois à des questions plus générales. En octobre 1916, vers le milieu de la guerre, un comité spécial pour considérer les conditions d’après-guerre, apparemment constitué suite à la demande du Sénat canadien, a paru devant le Conseil. En plus des recommandations visant l’élaboration de plans pour s’occuper des anciens soldats et pour les aider à trouver des emplois, les conseillers ont émis des suggestions concernant les dépenses sur les travaux publics, l’immigration, les relations entre le capital et le travail, et l’échange et le commerce. On ne sait pas exactement en quoi consistaient ces suggestions, puisqu’il n’existe aucun document qui les explique de façon exhaustive.

École d’été

Pour accommoder l’afflux d’anciens soldats qui désiraient commencer ou reprendre leurs études en droit, la faculté de droit d’Osgoode Hall a offert des sessions d’été en 1919 et 1920 en plus du curriculum régulier. L’école d’été était ouverte seulement aux anciens combattants et on pouvait s’y inscrire pour la deuxième et troisième année d’études en droit. Puisqu’on accordait une année d’études aux anciens combattants, il n’était pas nécessaire d’offrir des cours de première année à la session d’été.

Des dizaines d’anciens combattants ont profité de cette occasion pour accélérer leurs études en droit. Les admissions à la faculté ont augmenté pendant ces années, et les deux programmes d’études offerts en parallèle ont constitué un fardeau supplémentaire pour le personnel enseignant et administratif. Les enseignants d’été étaient payés 500 $ pour cette session supplémentaire.

Détail de la photo de classe du cours des vétérans, 1919, Archives du BDLOEn 1919 et 1920, il y a eu deux classes de finissants, chacune avec sa propre photo de classe. Le programme d’été a posé un dilemme quant aux prix décernés aux meilleurs finissants. Les conseillers étaient de l’opinion que les finissants de la session d’été ne pouvaient recevoir de médailles parce qu’ils n’avaient pas fait preuve d’excellence académique dans le programme « régulier ». Près d’un demi-siècle plus tard, les conseillers ont décidé que cette décision était injuste et ils ont décerné des médailles d’or, d’argent et de bronze en 1964 à ceux qui auraient dû les recevoir toutes ces années auparavant.

Quelques mots de la « Mère Patrie »

Vers la fin de la guerre et pendant un certain temps après, plusieurs dignitaires britanniques ont visité Osgoode Hall. Les conseillers voulaient entendre des orateurs distingués de la Mère Patrie, dont trois ont été les invités du Barreau en 1918 et 1919. Ces visites témoignaient de l’attachement des conseillers à la Grande-Bretagne, et leur désir de voir les Britanniques reconnaitre les contributions des Canadiens et de la profession juridique canadienne en particulier à l’effort de guerre.

La première de ces visites a eu lieu dans la Grande Salle le 21 janvier 1918, quand le procureur général anglais, Sir Frederick E. Smith, a pris la parole devant une grande assemblée de conseillers, de juges et d’avocats. Sir Frederick a prononcé un discours sur la loi et les avocats vis-à-vis la guerre, « sujet qu’il a abordé en soulignant que dans le fond, il s’agissait d’une guerre pour les avocats, parce que son résultat déterminerait si le droit international et public survivrait dans le monde. »

Édouard, le prince de Galles (le futur roi Édouard VIII) a visité Osgoode Hall pendant sa tournée du Canada en 1919 ; les conseillers Photo du prince de Galles en uniforme, 1919, Librarie et Archives Canadalui ont conféré le titre de Barrister-at-Law et l’ont élu conseiller. Le prince a mentionné les contributions de la profession juridique de l’Ontario à l’effort de guerre dans son discours : « Je tiens à vous exprimer mon admiration pour les merveilleux services de guerre de cette institution. Vous aviez 300 avocats à servir dans la guerre et, ce qui est presque plus merveilleux encore, parmi 350 étudiants vous en aviez 300 à servir au front. Je vous félicite du fond de mon cœur pour un tel dévouement. Je pleure avec vous la perte des 70 avocats et étudiants qui ne reviendront jamais. Je vous offre ma sympathie profonde pour les hommes splendides que vous avez perdus. »

Moins d’un mois plus tard, le 17 septembre 1919, les conseillers ont donné un diner-conférence pour Lord Finlay, qui avait jusqu’à récemment été Lord Chancellor d’Angleterre. Lord Finlay a exprimé ses réflexions sur l’éducation juridique, et a souligné le besoin d’avoir des lectures larges, et pas seulement des ouvrages portant sur le droit au sens propre. Il a conseillé aux étudiants « de ne pas se borner aux études en droit ; si vous faites cela, vous ne ferez pas un bon avocat ; rappelez-vous que le droit vise d’abord l’humanité et qu’il est aussi vaste que le mot qui le décrit. » Lord Finlay a poursuivi en valorisant l’esprit de corps de la profession juridique. « J’ai toujours pensé, dit-il, que le barreau était la plus noble des professions — du moins des professions civiles. Mais maintenant nous devons tous mettre la marine et l’armée au premier rang. »

Les conseillers et leurs invités ont sans doute été extrêmement satisfaits de l’honneur que ces dignitaires ont conféré au Barreau par leurs visites, en particulier celle du prince de Galles et le fait qu’il ait fait mention explicite des splendides contributions du barreau ontarien en temps de guerre.

Explication des termes et concepts